Traces sur le sable

Crier


dans le vent,

que je t’aime



mon amour pour toi

seul

s’épuise

et se lamente

dans un brouillard

de larmes et d’embruns



M’entends tu ?



Tant et si longtemps

que je traîne ma peine



dans ce pays

aux terres calcinées

par une lumière indicible



mystère insondable

Celui que j’aime

Tel une eau

qui glisse entre mes doigts



Insaisissable



Toi



lumière

dans mon obscurité



se pose



comme un papillon de rêve

Sur les fleurs

à peine écloses

de mon jardin abyssal.



Et je ne suis plus

que

Terre abandonnée

à la violence

d’une vague qui déferle

Jasmin odorant

sur le treillis des cours closes,

Parfums

de terre mouillée

Dans une étreinte intemporelle.





Tes mains

M’enlacent et me transforment

Sculptent et modèlent mon corps

Gravent dans ma chair des bonheurs inespérés



Une source ruisselle, Vert cristal, Ανάσα!

Regarde moi dans les yeux



écoute !



Ecoute le vent dans le sable doré

il murmure

des contes mystiques venus d’Orion.









Viens,

entre dans la fraîcheur ombragée de ma cour

et assieds toi sous la tonnelle odorante

Je t’offrirai

du café à la cardamome, de la confiture de rose

et une liqueur de fleurs de citronnier



je m’étendrai dans tes draps de safran

lovée

contre ton corps abandonné

dans le sommeil.





« Je t’aime »



Je m’enivre de l’odeur de ta peau.

Senteurs de garrigue



Derrière ton regard

Une porte s’ouvre

lourdes tentures de brocard



Dans quelle chambre ai-je pénétré

en prononçant

ce mot

qui tourne

comme une clé



dans une serrure ?



« Je t’aime »

dans le souffle d’un baiser sur tes lèvres closes.



Tes lèvres

insatiables

m’embrassent

Avides de douceur



Loin très loin dans un chuchotement,

l’écho d’une réponse muette

brise

le silence

de tes lèvres closes

scellées sur un douloureux secret.



Ne réponds pas

Dévide la bobine de fil pourpre,

Pourpre comme l’amour



« Je t’aime »



Un mot qui porte en lui tous les rêves,

tous les désirs, toutes les aventures



Un mot qui souffle dans la chambre

portes grand ouvertes

rideaux gonflés en voiles de navires



Un mot qu’aucun miroir ne réfléchit

Un mot qui fleure bon les prairies verdoyantes et la terre mouillée

Un mot qui embaume l’herbe fauchée





Rêvons à deux

en fermant les yeux



Nos corps emmêlés

dans une même odeur

dans une même sueur.



« Je t’aime »



Tant et si longtemps

que ce mot

roule

dans nos bouches

dans des baisers

tisseurs de serments

vœux d’éternité



mais je marche

sur les lambeaux

d’une peine qui se traîne

noyée

dans un deuil qui n’en finit pas









Viens

je t’aime …

Je n’en peux plus de t’aimer

et de dériver ainsi

aspirée par la vague ténébreuse



ton silence … miroir de ma solitude



les chemins empierrés

Ont blessé mes pieds



Tant et si longtemps



que j’arpente

ce pays minéral

aux flancs veinées de pierres sèches



assaillie par des vents insensés



Je m’enfonce dans tes profondeurs

Et ton nom …. résonne en moi



Tu m’entends ?



Ton nom

rond comme un galet dans ma bouche

mer d’azur

ton corps qui m’enlace

écume d’argent

tes mains qui me caressent

algues blondes sur mes seins

tes cheveux.

vague déferlante

ton amour

qui me porte

sur des rivages inconnus

ton nom un baiser dans ma bouche

rond comme des ronds dans l’eau

poli par le flux et reflux des marées

6 galets pour écrire ton nom

7 galets pour tracer « je t’aime »

11 pour d’écrire l’innombrable

11 galets pour t’inscrire dans l’infini



Mots nés des flots



« Son los locos que inventaron el amor »



je cherche les traces secrètes



« Porque solo el verdadero amor es cosa de locos »





mon sang…



garde…. gravés

les empreintes mystiques de ton passage



en moi



une lampe tempête dans la nuit



… te retrouver….



dans le temps des archanges impassibles

gardiens des terres inaccomplies







du parfum âpre de ma douleur

les murs suintent

des larmes de sel



Il n'y souffle pas une brise



aucun son



Je me suis déchirée

à vouloir vivre mes rêves



et je me tiens devant eux

les mains ensanglantées



Les papillons de la tapisserie

restent figés sur les murs



tant et si longtemps



un seul s'est-il envolé?





Qui es-tu Toi que j'aime?



trace dans mon sang



un fil de soie rouge

se dévide dans les brumes matinales



à travers les hortensias roses



pervenches bleues

corbeilles d'argent

accrochées aux talus de pierres sèches



traces ...



je me glisse dans la faille du temps immobile



Des potées d'agapanthes

frileuses

tremblent sous la rosée





une distance infinie

s'étire

entre toi et mes rêves inaltérables



loin



si loin de toi







désirs qui me portent vers toi





Parce que Tu m’as enlacée

je suis née



Par un baiser

sur mes lèvres posé

tu m’as révélée









Tes yeux…..



Laisse moi me perdre

dans la chaleur de ton regard

or liquide qui m’enveloppe

glisse sur moi

chargé de désirs

m’endormir

dans l’épaisseur ouatée de ta plénitude …



et murmurer …



reste







mais



Tu es reparti



mon âme désolée

erre

dans la faille d’un désert

aux confins d’un temps implacable

dévorant les ombres

Loin

si loin de toi



et je me déchire les mains

à force de

lacérer

mon mal de toi



Et ton sourire ….



ruisselle de la face cachée du temps



un temps

où nous avons existé ensemble

un temps

embaumé d’encens et de psaumes



parfum de lumière

parfum de prière





pour quel espoirs tous ces cierges brûlent-ils ?



et tous ces vœux muets …devant les icônes impavides….

gardiennes de toutes nos espérances

© MaHS -sept 2009




1 commentaires:

Anonyme a dit…

douleur infinie